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Les coupes chez Parks Canada pourraient laisser les visiteurs livrés à eux-mêmes

Fermer au moins 13 postes de gardes réduit les coûts, mais affaiblit la sécurité et les contrôles dans les parcs reculés. Les voyageurs doivent savoir ce qui reste.

Publié
1 novembre 2026
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Qui appelle-t-on quand le sentier se trouve à une journée de la route et que la seule personne dotée d'une radio et d'une autorité légale est à un long trajet en voiture ? C'est une question que les voyageurs se posent rarement à propos des parcs nationaux du Canada. Elle va bientôt compter beaucoup plus.

CBC News rapporte que Parks Canada ferme au moins 13 postes de gardes et passe à un service régional d'application de la loi. Des fermetures sont prévues en Colombie-Britannique, en Alberta, en Ontario, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest, notamment à Kluane, Kejimkujik, Elk Island, Point Pelee et Nahanni. Au moins une douzaine de postes disparaîtront, et Banff et Jasper perdraient chacun un garde, selon les informations disponibles. Le nouveau modèle compte 85 gardes répartis entre l'ouest, le centre, l'est et le nord du Canada, ainsi que les Rocheuses. Le tout s'inscrit dans 145 millions de dollars de coupes sur trois ans.

Parks Canada affirme « moderniser son modèle d'application de la loi en redistribuant ses capacités pour se concentrer sur les zones de plus haute priorité et de plus grand risque ». La phrase semble raisonnable. À notre avis, elle mérite d'être examinée de près.

« Régional » est une façon polie de dire « plus loin »

L'explication de la CBC elle-même est directe: quand un poste ferme, il n'y a plus d'application de la loi sur place, et le système compte sur des gardes régionaux qui se déplacent. Mike Henderson, qui a été garde dans les Rocheuses pendant plus de 30 ans, explique qu'un appel sur l'Icefields Parkway pourrait demander plus d'une demi-journée de travail pour être traité et clos. Son verdict sur le plan: « il n'y a toujours pas assez de personnel ».

Notre lecture: un modèle regroupé peut sembler efficace sur un organigramme et pourtant échouer sur une carte. Ces parcs sont immenses. L'agence administre plus de 450 000 kilomètres carrés de terres et d'eaux. Un garde qui couvre une région est, par définition, un garde qui n'est pas au départ du sentier que vous avez choisi. Pour la plupart des visiteurs, par beau temps, rien ne change. Les coupes comptent le jour où tout va mal, et pour un service de sécurité, ce jour-là est tout le métier.

Ceux que l'on étire sont aussi ceux que l'on laisse seuls

Le point le plus incisif du syndicat ne concerne pas les touristes, mais le personnel. Une grande partie du travail des gardes se fait seul, dans des régions isolées, et l'AFPC (PSAC) dit entendre que certains pourraient se retrouver sans renfort. Henderson l'a dit sans détour: « On finit par s'épuiser. » Le syndicat ajoute qu'il s'agit de préoccupations de santé et de sécurité au travail, « pas seulement d'économies financières ».

C'est l'aspect que nous avons le plus de mal à balayer. Un agent seul, sans renfort à proximité, représente selon nous un filet de sécurité plus mince pour tout le monde, pas seulement pour lui. L'épuisement pousse les personnes expérimentées à partir, et l'expérience est la seule chose qu'on ne peut pas former à la hâte.

L'évaluation de 2023 citée par la CBC aggrave encore le tableau. Elle constatait que les ressources « n'ont pas suivi l'augmentation des besoins du programme », avec environ 100 gardes en 2022 et un budget de programme d'environ 10 millions de dollars. Le service était donc déjà sous tension avant ce nouveau tour de vis. Un observateur raisonnable pourrait se demander si « redistribution » n'est qu'un mot plus doux pour « moins ».

Ce que les voyageurs devraient faire dès maintenant

Premièrement, n'annulez pas le Canada. Les parcs restent spectaculaires, et Parks Canada affirme que le service des gardes « continuera d'offrir des services dans tous les lieux ». Nous n'avons aucune documentation sur une modification des délais d'intervention, et nous n'en inventerons donc pas. Mais dans la couverture que nous avons vue, l'agence n'a pas précisé en combien de temps les renforts arriveront, et c'est là que se situe la lacune.

Deuxièmement, planifiez comme si les secours étaient lents. C'est du bon sens dans n'importe quel milieu sauvage, mais c'est désormais encore plus vrai. Indiquez votre itinéraire à quelqu'un, emportez de quoi tenir en cas de retard et renseignez-vous sur les conditions auprès du personnel du parc avant de vous engager dans l'arrière-pays.

Troisièmement, posez les questions que pose le syndicat: qu'adviendra-t-il des délais d'intervention, des distances de déplacement, des renforts ? Les visiteurs forment ici un électorat. La CBC a aussi rapporté que Parks Canada a discrètement supprimé un programme de chiens de recherche et de sauvetage qui remontait au début des années 1970, et l'Ottawa Citizen note qu'un syndicat de la fonction publique a jugé « étrange » le moment choisi pour supprimer ces emplois, alors que le gouvernement fédéral s'apprête à renouveler un laissez-passer d'été gratuit pour les parcs destiné à stimuler le tourisme intérieur. Les chiffres du tourisme sont un argument politique. Servez-vous-en.

Notre verdict: les économies sont réelles, et le risque reste surtout invisible jusqu'au jour où il ne l'est plus. Les parcs du Canada vendent des lieux sauvages rendus accessibles par un filet de sécurité que peu de visiteurs voient. Coupez ce filet, et le côté sauvage cesse d'être un atout. Partez, préparez-vous plus soigneusement qu'avant, et faites entendre votre voix pour obtenir le service que vous attendez en retour.

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